Rougeole : symptômes, complications et vaccin ROR, pourquoi le virus circule encore en France

Réponse rapide : La rougeole est une infection virale respiratoire hautement contagieuse transmise par voie aérienne, qui provoque une forte fièvre, un catarrhe oculo-nasal et une éruption cutanée descendante. Face à la recrudescence observée en 2026, la vaccination complète par deux doses de vaccin ROR demeure l'unique protection efficace contre les complications respiratoires et neurologiques sévères.
Points clés :
- Le virus de la rougeole présente un taux de reproduction de base (R0) situé entre 12 et 18, ce qui en fait l'un des agents pathogènes humains les plus transmissibles au monde.
- La période de contagiosité débute 4 jours avant l'apparition de l'éruption cutanée et persiste jusqu'à 4 jours après l'éclosion des premières lésions.
- Les complications respiratoires et neurologiques, telles que la pneumonie aiguë et l'encéphalite, menacent particulièrement les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
- Le calendrier vaccinal français rend obligatoire l'administration de deux doses du vaccin combiné ROR à 12 mois puis entre 16 et 18 mois pour tous les enfants nés depuis 2018.
- Une prophylaxie vaccinale d'urgence administrée dans les 72 heures suivant un contact non protégé peut permettre d'éviter l'infection ou d'en diminuer considérablement l'intensité clinique.
La rougeole est une maladie infectieuse aiguë causée par un morbillivirus appartenant à la famille des Paramyxoviridae. Ce virus à acide ribonucléique (ARN) cible initialement les cellules immunitaires des voies respiratoires avant d'envahir le tissu lymphoïde et de se disséminer dans l'organisme par voie sanguine. Loin de représenter une simple affection éruptive de l'enfance, l'infection induit une immunosuppression systémique transitoire qui fragilise l'organisme durant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Le virus ne possédant aucun réservoir animal, sa transmission s'effectue exclusivement d'un être humain à un autre, ce qui rend son élimination envisageable dès lors que le seuil critique d'immunité collective de 95 % est atteint de manière homogène sur un territoire.
Résurgence de la rougeole en 2026 : quelle est la situation en France et dans le monde ?
Bien qu'évitable par la vaccination, la rougeole connaît une recrudescence internationale majeure en 2026, marquée par près de 5 000 cas et plusieurs décès infantiles aux États-Unis (notamment dans l'État de New York, en Pennsylvanie et dans le Wisconsin), tandis qu'en France, après 1 176 signalements et 7 décès en 2025, 114 cas ont été recensés au 30 septembre 2026 en raison de poches de couverture vaccinale sous-optimale.
Cette dynamique épidémiologique illustre la fragilité de la protection collective face à un agent pathogène d'une transmissibilité extrême. Aux États-Unis, la baisse progressive de l'adhésion vaccinale dans plusieurs communautés fermées et certains comtés périurbains a permis au virus de s'implanter durablement après des importations en provenance de zones d'endémie. Les foyers épidémiques observés dans le Wisconsin, l'État de New York ou la Pennsylvanie ont touché des enfants non vaccinés, provoquant des hospitalisations en réanimation pédiatrique pour détresses respiratoires aiguës et engageant le pronostic vital de jeunes patients non immunisés.
En Europe et particulièrement en France, la situation demeure sous haute surveillance sanitaire. La vague de 2025, qui s'était soldée par plus d'un millier de cas déclarés et sept décès, a rappelé que le virus n'a jamais totalement disparu du territoire national. Au cours des neuf premiers mois de 2026, les 114 cas enregistrés par Santé publique France se concentrent dans des zones géographiques où la couverture vaccinale à deux doses n'atteint pas le seuil nécessaire de 95 %. Des regroupements de cas surviennent régulièrement au sein de structures scolaires, d'établissements de garde ou de cercles familiaux au sein desquels un adolescent ou un jeune adulte non protégé introduit le virus.
L'analyse épidémiologique montre que la persistance du virus repose sur trois facteurs principaux :
- L'existence de réservoirs d'individus réceptifs, notamment les jeunes adultes nés après 1980 qui n'ont reçu qu'une seule dose de vaccin durant leur enfance.
- Les importations régulières liées aux déplacements internationaux depuis des pays où les campagnes de vaccination pédiatrique ont subi des retards ou des désorganisations logistiques.
- Une perception faussée du risque au sein d'une partie de la population, conduisant certains parents à différer l'administration du vaccin en considérant à tort la maladie comme bénigne.
Quels sont les premiers symptômes de la rougeole et sa chronologie d'évolution ?
La rougeole évolue en deux phases distinctes : une phase d'invasion (prodromique) de 2 à 4 jours associant une forte fièvre (souvent supérieure à 39,5 °C), un catarrhe oculo-nasal (rhinite, toux sèche, conjonctivite) et parfois des taches blanchâtres jugales (signe de Koplik), suivie de l'apparition descendante de maculopapules rouges non confluentes qui débutent derrière les oreilles avant d'envahir le visage et le tronc.
L'évolution de la maladie commence par une période d'incubation silencieuse d'une durée habituelle de 10 à 14 jours, au cours de laquelle le virus se réplique dans les ganglions lymphatiques locaux sans générer de signe d'appel clinique. À l'issue de cette phase muette, les premiers symptômes de la rougeole débutent brutalement avec l'invasion. La fièvre grimpe rapidement, s'accompagnant d'un catarrhe muqueux complet : larmoiement bilatéral intense, œdème palpébral, photophobie marquée, sécrétions nasales abondantes et toux rauque particulièrement épuisante. L'état général s'altère de façon notable, provoquant un abattement marqué, des céphalées et une perte d'appétit.
Durant cette phase prodromique, l'examen de la cavité buccale permet parfois d'observer le signe de Koplik. Cet élément sémiologique quasi pathognomonique se présente sous la forme de petits points blancs bleuâtres, légèrement surélevés sur un fond muqueux inflammatoire et rouge vif, localisés sur la face interne des joues, le plus souvent en regard des deuxièmes molaires. Fugace, ce signe disparaît fréquemment dans les 24 à 48 heures précédant l'éruption cutanée.
L'apparition des boutons de rougeole inaugure la phase éruptive, qui dure entre 4 et 6 jours. L'exanthème est constitué de macules et de papules érythémateuses rouges ou rosées, de forme arrondie ou polycyclique, séparées par des intervalles de peau saine. La progression anatomique de l'éruption suit un ordre chronologique précis :
- Les premières lésions émergent en arrière des pavillons auriculaires et à la lisière du cuir chevelu.
- L'éruption gagne l'ensemble du visage, les joues et le cou au cours des premières 24 heures.
- Les maculopapules descendent sur les épaules, le thorax et la partie supérieure du dos au deuxième jour.
- L'atteinte s'étend à l'abdomen, au bassin et aux membres supérieurs puis inférieurs au troisième jour, en épargnant généralement la paume des mains et la plante des pieds.
| Phase clinique | Durée typique | Manifestations principales | Niveau de contagiosité |
|---|---|---|---|
| Incubation | 10 à 14 jours | Aucune manifestation clinique (réplication virale silencieuse) | Nul |
| Invasion (prodromes) | 2 à 4 jours | Fièvre > 39,5 °C, toux sèche, rhinite, conjonctivite, signe de Koplik | Extrêmement élevé |
| Éruption (exanthème) | 4 à 6 jours | Maculopapules rouges descendantes, confluence partielle, photophobie | Élevé jusqu'au 4e jour d'éruption |
| Desquamation | 3 à 7 jours | Régression thermique, desquamation fine furfuracée, fatigue résiduelle | Nul après le 4e jour d'éruption |
Au fur et à mesure que l'éruption atteint les membres inférieurs, les lésions situées sur le visage commencent à pâlir et à s'estomper. La fièvre chute généralement vers le quatrième jour après le début de l'exanthème. La convalescence s'accompagne d'une desquamation fine et farineuse laissant temporairement sur la peau des zones légèrement pigmentées d'un reflet chamois, tandis que la toux et une asthénie profonde peuvent persister pendant deux à trois semaines.
Pourquoi la rougeole est-elle si contagieuse et comment se transmet-elle ?
Avec un taux de reproduction de base (R0) situé entre 12 et 18, le virus de la rougeole figure parmi les agents infectieux humains les plus contagieux connus ; il se transmet par voie aérienne via les microgouttelettes respiratoires en suspension, restant infectieux dans l'air ambiant jusqu'à deux heures après le départ d'une personne malade.
À titre de comparaison, le taux de reproduction d'une grippe saisonnière se situe généralement entre 1,3 et 1,8, tandis que celui de la varicelle oscille entre 8 et 10. Cela signifie qu'en l'absence de mesures préventives et au sein d'une communauté non vaccinée, un seul individu atteint de la rougeole transmet le virus à une moyenne de 12 à 18 personnes réceptives. La transmission s'opère par l'intermédiaire d'aérosols respiratoires expulsés lors de la parole, des éternuements ou des quintes de toux. Contrairement aux agents infectieux qui nécessitent un contact physique étroit ou une projection directe à courte distance, les particules du virus de la rougeole possèdent une taille inférieure à 5 micromètres, ce qui leur confère la capacité de flotter dans l'atmosphère d'une pièce fermée durant de longues périodes.
La contagiosité s'avère d'autant plus marquée qu'elle s'exerce de façon précoce :
- Le sujet infecté diffuse des particules virales actives dès le quatrième jour précédant le début de l'éruption cutanée, à un moment où il présente simplement les signes d'un banal syndrome grippal.
- La période d'excrétion virale se poursuit jusqu'au quatrième jour révolu après l'apparition des premières maculopapules.
- Le séjour dans une salle d'attente médicale, une classe d'école ou une rame de train deux heures après le passage d'un malade peut suffire à contaminer une personne dépourvue d'anticorps protecteurs.
En raison de cette aérosolisation volatile, l'infection ne peut être freinée par les seuls gestes barrières usuels ou l'hygiène des mains, bien que ces mesures demeurent complémentaires. Seule une barrière immunitaire solide au sein du groupe permet de stopper les chaînes de transmission : lorsque la proportion d'individus protégés dépasse 95 %, le virus ne rencontre plus suffisamment d'hôtes réceptifs pour maintenir sa propagation, ce qui assure la protection indirecte des nourrissons trop jeunes pour être vaccinés et des personnes immunodéprimées.
Complications de la rougeole : pneumonie, encéphalite et populations les plus vulnérables
Les complications sévères de la rougeole résultent de l'immunosuppression transitoire induite par le virus et comprennent principalement la pneumonie aiguë (première cause de mortalité rougeoleuse chez le jeune enfant) et l'encéphalite aiguë post-infectieuse (survenant dans environ 1 cas sur 1 000), les nourrissons de moins d'un an, les femmes enceintes et les adultes non immunisés présentant le risque le plus élevé.
La pathogenèse des complications de la rougeole est étroitement liée au tropisme du virus pour les récepteurs CD150 (SLAM) présents sur les lymphocytes B et T mémoires. En infectant et en altérant ces cellules, le virus provoque une « amnésie immunitaire » qui efface temporairement une fraction substantielle des défenses acquises contre d'autres micro-organismes. Cet état de vulnérabilité immunitaire persiste de plusieurs mois à deux ans après la résolution apparente de l'épisode aigu, favorisant des surinfections bactériennes secondaires souvent sévères.
Sur le plan respiratoire, les atteintes se manifestent sous différentes formes :
- La pneumonie rougeoleuse primitive à cellules géantes, causée par l'agression virale directe du parenchyme pulmonaire, se rencontre surtout chez les sujets immunodéprimés et entraîne un tableau de détresse respiratoire aiguë réfractaire.
- Les surinfections bactériennes bronchopulmonaires, principalement à pneumocoque (Streptococcus pneumoniae), staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) ou Haemophilus influenzae, constituent le premier facteur de mortalité infantile lors des épidémies.
- La laryngite aiguë sous-glottique (faux croup), susceptible d'obstruer brutalement la filière laryngée chez le jeune enfant durant la phase prodromique.
- L'otite moyenne aiguë bactérienne, qui touche jusqu'à un enfant sur dix et fait courir le risque de perforation tympanique ou de mastoïdite.
Sur le versant neurologique, la gravité des atteintes impose une surveillance rigoureuse :
- L'encéphalite aiguë post-infectieuse survient classiquement entre le quatrième et le huitième jour suivant l'éruption dans environ 0,1 % des cas. Elle se caractérise par la réapparition d'une forte fièvre, des convulsions, des troubles de la vigilance pouvant aller jusqu'au coma et des déficits moteurs focaux. Les données cliniques rapportent un taux de séquelles neurologiques durables (déficit intellectuel, épilepsie motrice, surdité neurosensorielle) chez environ un quart des survivants.
- La panencéphalite sclérosante subaiguë (PESS) est une dégénérescence cérébrale progressive et constamment mortelle qui survient après une période de latence de 5 à 10 ans. Elle résulte de la persistance intraparenchymateuse d'un virus muté, contracté le plus souvent avant l'âge de 2 ans. Bien que rare (environ 1 cas pour 10 000 à 100 000 cas de rougeole), son issue demeure fatale en l'absence de traitement curatif.
Certaines populations subissent un préjudice disproportionné face au virus. Chez la femme enceinte non protégée, l'infection augmente significativement la fréquence des avortements spontanés, des accouchements prématurés et des retards de croissance intra-utérins, sans que le virus ne présente toutefois d'effet tératogène malformatif direct. Chez les personnes atteintes de déficits immunitaires congénitaux, de leucémies ou sous thérapies immunosuppressives lourdes, la maladie peut évoluer sans l'éruption cutanée typique mais progresser rapidement vers une atteinte viscérale diffuse sévère.
Vaccin ROR : calendrier vaccinal du nourrisson et obligation légale
En France, la vaccination rougeole-rubéole-oreillons (ROR) est obligatoire pour tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018 : le schéma vaccinal complet comprend une première injection à l'âge de 12 mois suivie d'une seconde injection de rappel entre 16 et 18 mois, conférant une protection clinique supérieure à 97 % contre l'infection.
Le vaccin ROR est une préparation vaccinale combinée vivante atténuée. Les souches virales ont été modifiées en laboratoire pour perdre leur pouvoir pathogène chez l'individu sain tout en conservant leur capacité à stimuler une réponse immunitaire humorale et cellulaire robuste. L'introduction de l'obligation vaccinale par les autorités de santé publique françaises a permis d'élever la couverture vaccinale de la première dose au-delà de 90 % chez les jeunes enfants, bien que l'administration de la seconde dose accuse encore parfois des retards préjudiciables à la protection collective.
Le calendrier officiel de vaccination infantile s'articule selon les modalités suivantes :
- La première dose est administrée à l'âge de 12 mois, quel que soit le mode de garde du nourrisson.
- La seconde dose doit être injectée impérativement entre 16 et 18 mois, en respectant un intervalle minimal d'un mois entre les deux injections.
- Pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2018, la réalisation de ce schéma complet constitue une condition administrative obligatoire pour le maintien de l'admission en collectivité (crèche, halte-garderie, assistante maternelle, école maternelle).
Pour prévenir la rougeole chez le bébé de moins de 12 mois, une adaptation transitoire du calendrier peut s'avérer nécessaire dans des contextes épidémiologiques particuliers. Avant l'âge de 6 mois, le nourrisson bénéficie généralement des anticorps d'origine maternelle transmis par voie transplacentaire, à condition que la mère ait elle-même été vaccinée ou ait contracté la maladie. Cependant, ce taux d'anticorps s'estompe rapidement entre le 6e et le 9e mois de vie. En cas de départ vers une zone de haute endémie ou lors d'une exposition avérée au sein du foyer familial, une dose de vaccin monovalent contre la rougeole peut être administrée dès l'âge de 6 mois, ou une dose de vaccin ROR à partir de 9 mois. Cette injection très précoce ne dispense pas du schéma régulier : l'enfant doit recevoir ses deux doses conventionnelles à 12 mois puis entre 16 et 18 mois pour établir une immunisation durable.
La tolérance du vaccin est scientifiquement documentée à l'échelle mondiale depuis plusieurs décennies. Les données cliniques de pharmacovigilance confirment que l'efficacité après deux doses atteint un taux de protection clinique supérieur à 97 %, réduisant drastiquement le risque de développer une forme grave ou compliquée.
Rattrapage vaccinal rougeole chez l'adulte et l'adolescent : qui doit recevoir une dose ?
Toute personne née depuis 1980 doit avoir reçu au total deux doses de vaccin ROR au cours de sa vie pour être considérée comme adéquatement protégée ; les adultes n'ayant reçu qu'une seule injection ou n'ayant aucune trace vaccinale écrite doivent recevoir une dose de rattrapage, sauf contre-indication comme une grossesse en cours ou un déficit immunitaire sévère.
La frontière temporelle de l'année 1980 n'a pas été retenue au hasard par les autorités sanitaires : les individus nés avant cette date ont traversé une période durant laquelle le virus sauvage de la rougeole circulait de manière continue et intense dans la population générale. En conséquence, la quasi-totalité des personnes nées avant 1980 a développé une immunité naturelle protectrice à long terme à la suite d'un contact infantile avec le virus, qu'il ait été symptomatique ou asymptomatique. En revanche, les générations nées à partir de 1980 ont grandi à une époque où la transmission virale diminuait sans que la couverture vaccinale n'atteigne le niveau de blocage optimal, créant une proportion substantielle d'adultes partiellement vaccinés (une seule dose) ou non immunisés.
La survenue d'une rougeole chez l'adulte présente des caractéristiques cliniques souvent plus marquées que chez l'enfant :
- Le taux d'hospitalisation est significativement plus élevé, atteignant souvent 20 à 30 % des cas adultes déclarés.
- Les complications hépatiques avec élévation marquée des transaminases et les pneumopathies sévères hypoxémiantes sont plus fréquentes.
- La durée d'incapacité de travail et d'alitement excède couramment dix à quinze jours.
Le rattrapage vaccinal concerne prioritairement plusieurs catégories de personnes :
- Tous les adultes nés depuis 1980 dont le carnet de santé ne mentionne qu'une seule dose de ROR ou qui ignorent leur statut vaccinal : une injection de rattrapage doit être pratiquée, sans qu'il soit utile de réaliser une sérologie préalable. L'administration d'une dose supplémentaire à un individu déjà immunisé ne comporte généralement pas de risque particulier sur le plan biologique.
- Les professionnels de santé en milieu hospitalier, libéral ou médico-social, quel que soit leur âge, pour lesquels la détention d'une preuve de deux doses de vaccin ou d'un antécédent clinique certain de rougeole est indispensable pour éviter la transmission nosocomiale aux patients vulnérables.
- Les personnels des structures d'accueil de la petite enfance et les professionnels du milieu scolaire, particulièrement exposés au contact quotidien avec de jeunes enfants.
- Les femmes en âge de procréer qui ont un projet de grossesse : l'immunisation contre la rubéole et la rougeole doit être vérifiée en amont, le vaccin ROR étant un vaccin vivant atténué, il est strictement contre-indiqué pendant la grossesse et nécessite d'éviter toute conception dans le mois suivant l'injection.
Que faire en cas d'exposition avérée à la rougeole : mesures d'urgence et prophylaxie post-exposition
En cas de contact étroit avec un cas confirmé, une prophylaxie vaccinale d'urgence par le vaccin ROR administrée dans les 72 heures suivant l'exposition peut prévenir la maladie ou en atténuer considérablement la sévérité, tandis que pour les nourrissons de moins de 6 mois ou les personnes immunodéprimées, l'injection d'immunoglobulines polyvalentes par voie intraveineuse dans les 6 jours post-exposition est préconisée.
Lorsqu'un diagnostic de rougeole est suspecté ou confirmé par un praticien, une chaîne d'action rapide doit être mise en œuvre afin d'interrompre immédiatement la diffusion du virus. En France, la rougeole est une maladie à déclaration obligatoire (MDO) : le médecin signale sans délai le cas à l'Agence régionale de santé (ARS) de son territoire, déclenchant une enquête épidémiologique pour recenser les personnes contacts ayant partagé le même espace clos (foyer familial, bureau, école, transports).
Pour les contacts réceptifs (personnes non vaccinées ou incomplètement vaccinées n'ayant pas d'antécédent documenté de rougeole), deux stratégies de prophylaxie post-exposition s'appliquent selon le profil du patient :
- La vaccination d'urgence par vaccin ROR : toute personne de plus de 6 mois immunocompétente, non ou incomplètement vaccinée, doit recevoir une dose de vaccin ROR dans un délai strict de 72 heures suivant le premier contact avec le cas index. Si l'injection est réalisée dans cette fenêtre, les anticorps vaccinaux peuvent neutraliser la dissémination virale avant la fin de la période d'incubation.
- L'administration d'immunoglobulines polyvalentes humaines (IgIV) : ce protocole d'immunisation passive est réservé aux personnes chez qui le vaccin vivant est formellement contre-indiqué ou inefficace en raison de l'immaturité immunitaire. Il s'adresse aux nourrissons de moins de 6 mois nés de mères non immunes, aux nourrissons de 6 à 11 mois non éligibles au vaccin d'urgence, aux femmes enceintes séronégatives et aux patients immunodéprimés sévères. Les immunoglobulines doivent être administrées par voie intraveineuse en milieu hospitalier dans les 6 jours suivant l'exposition.
En parallèle des mesures prophylactiques destinées aux contacts, le patient atteint par le virus doit observer des règles d'isolement strictes. Dès la suspicion clinique, la personne malade doit rester confinée à domicile jusqu'au quatrième jour révolu après l'apparition de l'éruption cutanée, en évitant toute présence dans les pièces communes sans masque de protection respiratoire normé FFP2. Si une consultation médicale ou un passage aux urgences s'avère indispensable pour une détresse respiratoire ou une convulsion, il est impératif d'avertir la structure de soins par téléphone avant l'arrivée sur site afin que le patient soit orienté directement vers une chambre d'isolement à pression négative ou un box dédié, sans transiter par la salle d'attente générale.
Sur le plan de la prise en charge médicale, il n'existe à ce jour aucun traitement antiviral curatif spécifique capable d'éradiquer le virus une fois l'infection déclarée. Le traitement de la rougeole repose sur des mesures symptomatiques ciblées : maintien d'une hydratation orale abondante, contrôle thermique à l'aide de paracétamol (l'aspirine étant formellement contre-indiquée en raison du risque de syndrome de Reye chez l'enfant), soins oculaires par instillations de sérum physiologique stérile et éviction de la lumière vive. L'antibiothérapie n'a aucune action sur le virus de la rougeole et ne doit être prescrite par le médecin qu'en cas de surinfection bactérienne documentée, telle qu'une otite suppurée ou une bronchopneumonie.
Questions fréquentes
Cette section apporte des réponses claires aux questions cliniques courantes concernant la tolérance du vaccin ROR, les traitements symptomatiques disponibles et les critères d'isolement à domicile.
C'est quoi la rougeole exactement ?
La rougeole est une infection respiratoire aiguë d'origine virale provoquée par un morbillivirus de la famille des Paramyxoviridae. Elle se distingue des autres maladies éruptives de l'enfance par sa contagiosité exceptionnelle par voie aérienne, son atteinte systémique associant forte fièvre, toux et conjonctivite, ainsi que par sa capacité à affaiblir temporairement les défenses immunitaires du patient.
Quels sont les effets secondaires du vaccin ROR ?
Le vaccin ROR est généralement bien toléré et ses réactions secondaires sont bénignes et transitoires. Chez environ 5 à 15 % des enfants, une poussée thermique modérée ou une discrète éruption cutanée non contagieuse peut survenir entre le 5e et le 12e jour post-vaccinal. Les réactions allergiques sévères (anaphylaxie) demeurent rarissimes, survenant à une fréquence estimée à moins d'un cas par million de doses injectées.
Existe-t-il un traitement antiviral direct contre la rougeole ?
Il n'existe actuellement aucun traitement antiviral spécifique commercialisé pour éliminer le virus de la rougeole dans l'organisme. La prise en charge clinique repose exclusivement sur le traitement symptomatique, incluant la gestion de la fièvre par le paracétamol, le repos au lit, une hydratation régulière et le recours aux antibiotiques uniquement en cas de surinfection bactérienne pulmonaire ou auriculaire avérée.
Combien de temps doit durer l'isolement d'une personne malade ?
L'isolement strict à domicile doit être maintenu pendant au moins 4 jours complets après l'apparition des premiers boutons sur le corps. Durant cette période, la personne contagieuse doit éviter tout contact avec des personnes non vaccinées, les femmes enceintes et les nourrissons, et porter un masque chirurgical ou FFP2 si une interaction avec l'entourage proche ne peut être évitée.
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